Pourquoi le monde des cryptomonnaies est en panique ?


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Le Journal du dimanche

Simple correction ou ultime séisme ? L’univers de la DeFi, pour Decentralized Finance (finance décentralisée), est en effervescence depuis le 11 novembre et la faillite retentissante de FTX, l’une des plus importantes plateformes mondiales d’échange de cryptomonnaies , fondée en 2019 par Sam Bankman-Fried, un Américain de 30 ans et star absolue du secteur : 10 milliards de dollars évaporés et une série de répliques sectorielles.

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Un argument de poids pour les défenseurs d’une régulation plus forte de ce secteur opaque et non supervisé par les autorités bancaires. Les spécialistes des cryptos, eux, en minimisent la portée. « Le monde financier a absorbé le choc systémique de Lehman Brothers en 2008. Celui des cryptomonnaies se remettra de ce choc », affirme Karl du Wast, entrepreneur à la tête d’un groupe de gestion d’actifs. Comme d’autres experts, il voit dans l’effondrement de FTX une énième illustration de la pyramide de Ponzi. Et en Bankman-Fried un Madoff 3:0. « La crise des subprimes n’était pas celle de l’ensemble du système bancaire mondial. La faillite de FTX n’entraînera pas celle des cryptomonnaies », estime-t-il.

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Un effet domino

Après l’éclatement cet été de Celsius – une société de prêt de cryptomonnaies – causé par l’implosion de la devise numérique Terra (supposée être une monnaie stable), le secteur n’en subit pas moins les conséquences d’un effet domino, particulièrement nocif pour des investisseurs individuels, pris au piège des ramifications entre plateformes. Mais des institutions plus solides se retrouvent également prises au piège : FTX avait créé des liens avec des hedge funds, des fonds d’investissement spéculatifs, qui conservaient leurs actifs sur cette plateforme.

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Ces ramifications pourraient néanmoins avoir quelques effets bénéfiques : « Séparer le métier du “trading” [celui des transactions] du métier de “custodian” [celui de la conservation des actifs] est une nécessité. Cette distinction est déjà en place dans tous les métiers de la gestion d’actifs traditionnels. Reste à la transposer dans le monde des cryptomonnaies », recommande Pascal Gauthier, PDG de la pépite technologique française Ledger. La course au gigantisme a encouragé ces acteurs à multiplier les services auprès de leurs clients, au mépris parfois du bon sens.

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L’autorégulation ne semble pourtant pas être à l’ordre du jour pour un secteur d’activité déployé initialement via des paradis fiscaux, à la législation financière inexistante. Si la DeFi acquiert lentement ses lettres de noblesse institutionnelles, le secteur reste un Far West ultra-concurrentiel. En particulier concernant les plateformes de transaction. C’est tout le paradoxe de FTX, une plateforme centralisée, perçue jusqu’à sa chute par les régulateurs américains comme un point d’entrée idéal pour exercer un début de pression réglementaire.

L’importance de la visibilité des avoirs

Seule rescapée pour l’instant, la monnaie de référence, le bitcoin-ethereum, sur lesquels les investisseurs se rabattent. Mais elle a plongé ces jours-ci vers son précédent plus bas annuel (16 025,55 euros). Il faut donc s’attendre à ce que les « petites » monnaies souffrent beaucoup dans les semaines à venir. « Il faut investir de préférence dans les cryptomonnaies dont on comprend le fonctionnement. Nous conseillons à nos clients de détenir au moins 50 % de bitcoins », souligne Louis-Alexandre de Froissard, fondateur de Montaigne Conseil & Patrimoine. Comme dans toute classe d’actifs, les professionnels rappellent que la visibilité des avoirs est la première des précautions, ignorée par les clients de FTX. « Une monnaie sert à acheter un actif. S’il est par exemple dépensé en NFT – jetons non fongibles – avec des actifs réels, il ne peut plus disparaître », renchérit Alexandre Toussaint, fondateur du podcast &#…

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