Coupe du monde 2022 : Au Sngal, tout le monde a besoin de cette bouffe doxygne Libration


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Libération

Comment les autres pays du monde perçoivent-ils le Mondial 2022 au Qatar ? Fait-il débat de la même façon qu’en Europe, et les appels au boycott y sont-ils aussi virulents ? Réponse avec les correspondants de «Libé» au Mexique, Sénégal, Tunisie, Japon, Etats-Unis, et Brésil.

Théo du Couëdic, Correspondance au Sénégal

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre : blessé, Sadio Mané, le maître à jouer des Lions du Sénégal, lors d’un match en championnat allemand, le 8 novembre ? «Il y a eu des plateaux, des éditions spéciales, un message du Président, des cérémonies de récital du Coran pour qu’il soit rétabli à temps», énumère le journaliste sportif Moussa Diop. Le médecin de l’équipe nationale a finalement confirmé le forfait de l’attaquant star du Bayern Munich, deuxième au classement du dernier Ballon d’or, à trois jours du premier match des Lions contre les Pays-Bas (ce lundi, à 16 heures). Comme nombre de ses compatriotes, Moussa Diop n’en a «pas dormi de la nuit».

Le feuilleton aura vampirisé les débats à l’approche du coup d’envoi du Mondial, en éclipsant les sujets qui enflamment plusieurs pays européens. Officiellement, aucun ressortissant sénégalais ne serait mort sur les chantiers qataris. Dans le pays, les conditions de travail des ouvriers sont aussi sujettes à caution, notamment sur les chantiers de la ville nouvelle de Diamniadio, le projet phare du président Macky Sall pour désengorger Dakar. «On est très éloignés des problématiques françaises», résume Oumar Diallo, croisé dans le quartier Sicap-Baobab, un maillot floqué au nom du capitaine Kalidou Koulibaly sur le dos. Dans les grandes places dakaroises, les débats tournent plutôt sur comment réorganiser l’équipe en l’absence de Sadio Mané.

Deux pays musulmans, exportateurs de gaz

Au contraire de Dubaï, capitale des Emirats arabes unis dans laquelle vivent plusieurs milliers de ressortissants sénégalais, le Qatar imprime moins localement. Certains observateurs voient toutefois dans ce pays du Golfe une source d’inspiration. L’émirat de trois millions d’habitants a réussi à organiser la compétition reine du sport le plus populaire au monde, après avoir bâti son économie sur l’exploitation du pétrole et du gaz. Un exemple que le Sénégal, 17 millions d’habitants, rêverait de suivre, lui qui devrait livrer ses premiers barils de pétrole et mètres cubes de gaz sur le marché international à partir de l’année prochaine.

A lire le premier épisode de la série

Autre point commun : l’islam est la religion prédominante dans les deux pays. L’homosexualité y est passible d’emprisonnement. Le fait d’arborer un brassard en soutien à la cause LGBT + est un non-débat absolu. Au printemps, la population sénégalaise avait fait bloc pour défendre le milieu de terrain international Idrissa Gueye après son refus de porter un maillot aux couleurs arc-en-ciel lors d’un match avec le PSG, à contre-courant, une fois de plus, des réactions européennes.

«Un des rares exutoires»

De scandale autour des maillots, il a pourtant récemment été question dans les médias et sur les réseaux sociaux sénégalais. En cause, le prix du maillot original présenté par la fédération de football sénégalaise, au prix de 45 000 francs CFA l’unité (environ 68 euros), soit le salaire mensuel de nombre de locaux. La plupart des supporteurs se sont rabattus sur les contrefaçons qui inondent les marchés. Un épisode qui en dit long sur les difficultés économiques du pays, déjà éprouvé par la pandémie, puis par les conséquences de la guerre en Ukraine. Courant octobre, le prix des de…

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