“Alpha Zulu” : quand Phoenix renat grce la musique lectronique


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Marianne

Phoenix. Quelle irrévérence quand on y pense. Irrévérence et monumentale foi en soi. De toute évidence, le quatuor français présageait, dès sa formation, une capacité à se renouveler sans limite, tel le mythique oiseau qui renaît de ses cendres. En sept disques souvent boudés par l’Hexagone mais adulés à l’étranger (700 000 albums vendus aux États-Unis pour Wolfgang Amadeus Phoenix, leur plus gros succès sorti en 2009), la promesse initiale n’a pourtant pas toujours été tenue. En 2013, l’album Bankrupt ! nous avait copieusement déçu, englués dans ses tics de composition (en pilotage automatique ?) et de production (en pilotage automatique ?). Puis il y a eu Ti Amo, album concept certes, mais au propos et au contenu des plus brouillons. Où voulait donc en venir le groupe ?

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Alpha Zulu, premier single éponyme sorti en juin, annonçait donc un plaisant renouveau. Retour de l’inspiration des débuts ? Thomas Mars y troquait l’habituelle innocence et la nonchalance de sa voix pour un ton plus provoc’, balançant de ludiques « woo-HAH » pour donner au morceau un bel entrain parfait pour la saison.

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Pourquoi Alpha Zulu, d’ailleurs ? Ce titre abracadabrant – qui est aussi celui de l’album tout juste commercialisé – est tiré d’une expérience désagréable vécue par le chanteur : lors d’un voyage en avion, les hôtesses de l’air se sont mises à répéter frénétiquement « Alpha Zulu, Alpha Zulu, Alpha Zulu ». Thomas Mars s’imagina vivre ses dernières heures, mais il assistait en fait à un simple exercice de routine du personnel navigant. Résultat en musique : un morceau traversé d’une pulsation électrique tout à fait dans la lignée de l’esthétique Phoenix, celle qui faisait danser Bill Murray et Scarlett Johansson dans une boîte de nuit de Tokyo dans Lost In Translation de Sofia Coppola. Élan noctambule qu’on retrouvera ici avec Artefact et son délicieux trille de clavecin frôlant le kitsch, mais relevé par un riff de guitare entêtant. À l’écoute, on sent l’influence de Thomas Bangalter, qui a guidé Phoenix durant la production. Des morceaux dansants donc, formatés pour passer à la radio, mais sans grande prise de risques – et tant mieux ?

Électriser les synthés

En réalité, la richesse du présent album vient plutôt du souffle électronique qui irrigue les dix chansons. Amorcé sur des morceaux comme Trying to Be cool dans leur avant-dernier album, ce recours à l’univers électro, influence majeure pour Phoenix, ne vient pas de nulle part. Le groupe s’est formé à Versailles, berceau de la french touch qui a notamment vu naître Air. Surtout, Philippe Zdar, moitié de Cassius, pionnier de ce mouvement, était le mixeur fétiche du groupe. Le musicien est décédé tragiquement en 2019, mais cet album, l’un des plus « zdariens » que Phoenix ait pu concocter, prend presque des formes d’hommage posthume.

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Plus largement, on sent que le groupe a pris un grand plaisir à parer d’effets électros leurs instruments traditionnels, allant jusqu’à s’offrir une ligne de basse roboti…

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