Accord sur les pays pauvres, recul sur les nergies fossiles : bilan mitig pour la COP 27


98
19 shares, 98 points

La Tribune

Après d’âpres négociations qui ont largement débordé du calendrier prévu, la COP27 s’est terminée dimanche à l’aube après avoir adopté un texte très débattu sur l’aide aux pays pauvres affectés par le changement climatique mais sans nouvelles ambitions pour la baisse des gaz à effet de serre.

Après plus de deux semaines, la grande conférence sur le climat de l’ONU a pris fin avec plus d’un jour de retard sur le calendrier prévu, ce qui en fait l’une des COP les plus longues de l’histoire. « Ca n’a pas été facile » mais « nous avons finalement rempli notre mission », a souligné le président égyptien de la conférence Sameh Choukri. « Cette COP a provoqué de nombreuses frustrations mais elle n’a pas servi à rien. Elle a permis d’obtenir des avancées significatives pour les pays les plus vulnérables. Le fond pour les pertes et dommages, un rêve de la COP26 l’année dernière, pourrait être mis en œuvre dès 2023, » a déclaré Laurence Tubiana , directrice de la Fondation européenne pour le climat. De son côté, le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans a déclaré :  « Le monde ne nous remerciera pas quand il entendra uniquement des excuses demain».

« Ce que nous avons là, c’est un pas en avant trop court pour les habitants de la planète. Il ne fournit pas assez d’efforts supplémentaires de la part des principaux émetteurs pour augmenter et accélérer leurs réductions d’émissions.»

Une déclaration finale fruit de nombreux compromis a été finalement adoptée, appelant à une réduction « rapide » des émissions mais sans ambition nouvelle par rapport à la dernière COP de Glasgow en 2021. « Nous devons drastiquement réduire les émissions maintenant –et c’est une question à laquelle cette COP n’a pas répondu », a regretté le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, à l’issue de la conférence climatique. Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne sur le climat à Greenpeace France, “cette COP27 se termine avec un goût d’inachevé (…) La communauté internationale continue de discuter d’un problème dont elle méprise les causes.” Dans la foulée, l’Union européenne s’est dite « déçue » par l’accord sur les émissions.

Lire aussiCOP27: l’UE prête à réduire ses émissions de 57% d’ici 2030, contre 55% auparavant

Adoption d’une résolution historique

Cette édition a en revanche été marquée par l’adoption d’une résolution emblématique, qualifiée d’historique par ses promoteurs, sur la compensation des dégâts causés par le changement climatique déjà subis par les pays les plus pauvres.

Ce dossier des « pertes et dommages » climatiques des pays pauvres avait failli faire dérailler la conférence, avant de faire l’objet d’un texte de compromis de dernière minute qui laisse de nombreuses questions en suspens, mais acte le principe de la création d’un fonds financier spécifique.

« Les pertes et dommages dans les pays vulnérables ne peuvent désormais plus être ignorés même si certains pays développés avaient décidé d’ignorer nos souffrances », a salué la jeune militante ougandaise Vanessa Nakate.

 

Recul critiqué

 Le texte sur les réductions d’émissions a été également très disputé, de nombreux pays dénonçant ce qu’ils considéraient comme un recul sur les ambitions définies lors de précédentes conférences. Notamment sur l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, contenir le réchauffement à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, qui est toutefois réaffirmé dans la décision finale.

Les engagements actuels des pays signataires de l’accord ne permettent pas de tenir cet objectif, ni même celui de contenir l’élévation de la température à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, quand les humains ont commencé à utiliser en masse les énergies fossiles responsables du réchauffement climatique. Ces engagements, en admettant qu’ils soient intégralement tenus, mettraient au mieux le monde sur la trajectoire de +2,4°C à la fin du siècle et, au rythme actuel des émissions, sur celle d’un catastrophique +2,8°C.

Or, à près de 1,2°C de réchauffement actuellement, les impacts dramatiques du changement climatique se multiplient déjà. L’année 2022 en a été l’illustration, avec son cortège de sécheresses, méga-feux et inondations dévastatrices, impactant récoltes et infrastructures.

Les coûts de ces événements extrêmes s’envolent également: la Banque mondiale a ainsi estimé à 30 milliards de dollars le coût des inondations qui ont laissé un tiers du territoire pakistanais sous l’eau pendant des semaines et fait des millions de sinistrés. Les pays pauvres, souvent parmi les plus exposés mais qui sont généralement très peu responsables du réchauffement, réclamaient depuis des années un financement des “pertes et dommages” qu’ils subissent.

Lire aussiLe coût des catastrophes naturelles s’envole : 221 milliards d’euros en 2021

« Suspects habituels »

 La bataille ne s’achèvera pas avec l’adoption de la résolution de Charm el-Cheikh puisque celle-ci reste volontairement vague sur certains points controversés. Les détails opérationnels doivent être définis pour adoption &…

Advertisements

Like it? Share with your friends!

98
19 shares, 98 points

What's Your Reaction?

hate hate
8
hate
confused confused
1
confused
fail fail
13
fail
fun fun
11
fun
geeky geeky
10
geeky
love love
5
love
lol lol
6
lol
omg omg
1
omg
win win
13
win